Vers l’ère du meta-meme ou comment trouver le titre le moins accrocheur au monde
commentaire(0) En temps virtuel, ça fait peut-être plusieurs millénaires que le Star Wars kid est arrivé sur nos écrans d’ordinateur. La vidéo d’un gros québécois qui trébuche en tentant d’imiter Star Wars a probablement été un des premiers memes (c’était avant que se répande le terme FAIL, imaginez).
Depuis, on a été exposé à des centaines, voire des milliers, de phénomènes planétaires qui donnent à l’expression « 15 minutes de gloire » une impression de longueur intolérable. Aussitôt arrivés, aussitôt repartis, qu’ils soient I Can Has Cheezburger, Imma Let you finish, Leave Britney Spears Alone, ces phénomènes nous ont montré qu’on ne demande rien de plus sophistiqué qu’une vidéo amateur remplie de malaise ou d’une erreur imprévue lors d’un tournage plus professionnel.
Ce qui est remarquable, c’est qu’avec des milliers de collaborateurs indépendants, Internet sa pris l’allure d’un contributeur unique, avec ses expressions comme LOL, Fail, Facepalm, Okthksbye, Gee-Zus, Hungry Cat is Hungry et autres termes clés.
Le hic, c’est que maintenant on dirait que cette entité se trouve pas mal drôle. Récemment (en temps réel, pas virtuel), Jennifer Aniston est apparue dans une vidéo qui se voulait virale et qui l’est devenue (ce qui n’est pas le cas pour toutes les tentatives du genre): Jennifer Aniston assume complètement que pour que cette vidéo circule, il faut des petits animaux cute, du sex appeal, Keenan Cahill, un gars qui se fait donner un coup de pied dans les schnolles et quelques autres procédés humoristiques qui ont fait leur preuve.
La pub avait le mérite d’être drôle. Cependant, le summum de la complaisance virtuelle se retrouve dans l’annonce de « The Chronicles of Rick Roll » qu’on peut voir ici.
Le recyclage créatif à la Chuck Norris de Antoine Dodson et Double Rainbow Guy (« on sait qu’on est ridicule mais ça nous donne de l’argent ») sonne faux. Aussi, leurs répliques maintenant classiques étaient comiques dans un contexte de vidéo virale, mais seront-elles tolérables dans un long métrage qui tente d’exploiter une vache à lait inépuisable mais dont le contenu devient rapidement périssable?
Est-ce que ça se mêle, Internet, la télé, le cinéma, aussi bien que l’on voudrait? Antoine Dodson et Double Rainbow Guy méritent-ils un long métrage, ou une apparition brève suffirait-elle? Est-ce que le running gag s’essoufle? Est-ce qu’Internet est satisfait de soi, et va tout simplement commencer à nous offrir des reruns et des spinoffs de ses plans grands succès? Ou bien est-ce que la valeur de cet humour virtuel venait justement du fait qu’on n’appliquait pas les mêmes règles qu’à la télévision et qu’au cinéma, c’est-à -dire que quand on trouve quelque chose qui fonctionne, on l’exploite jusqu’à ce qu’on le tue?
Peut-être que je suis en train de me plaindre que l’humoriste que j’ai vu dans un bar avec cinq autres spectateurs est en train de faire de la pub pour McDonald’s maintenant. Reste que je trouve que la démocratisation de la culture populaire par Internet est en train de se faire manger par le rêve américain. Je serai le premier à demander d’être dévoré, mais j’ai l’impression que dans le processus on y perd quelque chose de joli.























